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J'ai rendez-vous à 10h dans le batiment condor, j'aime bien ce mot là, il me fait penser à condorman dans rick et morty, et comme rick et morty c'est énorme, cette réunion de portail s'annonce hallucinante. Deux personnes me font signe, je les avais rencontrée le lundi même, elles m'ont reconnu et ce, malgré le masque blanc de l'éducation nationale qui me donne l'air d'une nome, et malgré mes cheveux souillés ( mouillés et salés) à cause des 19 minutes à vélo que j'ai grillé en 12. Je ne reconnais pas d'autres visages, pas de savoyard.e.s, ni de vaugelassien.ne.s, aucuns internes ou camarades de luttes. Je grignote ma pomme et regarde autour de moi, je compte les filles, les comptes les garçons, je compte les fumeurs et les gens qui restent seul.e.s, ceux qui paraissent se connaître depuis toujours, ceux qui « sociabilise ». On nous fait rentrer, il y a des tags, il fait chaud, on se bouscule, pfiou, une chance que nos masques nous protège. Le professeur nous déverse un flot d'information, letraditionnel baratin de début d'années, je lance les statistiques, une floppée d'élèves sur leurs téléphones, quelques SMSien.ne.s, un peu de jeux parsi-parlà, 27, cela fait 27 étudiants attentif.ve.s si l'on enlève ceux qui font semblant. La fille devant moi à un tatouage qui sourit, le garçon à sa gauche sent très fort la cigarette, la fille à ma droite, vêtue de noir, porte des docks, les masques sont de pleins de couleurs, je souris, on ne voit pas mon sourire mais je souris. Bienvenue en Sciences Sociales.

Consigne : Journal de terrain - décrire son entrée à l’université : ce qu’on a fait aujourd’hui, rapport au nouveau, décrivez vos premières fois, vos émotions, quelles attentes, perceptions, vie avant et après, changement, autonomie, expérience. Minimum 10 lignes, horizon de 20 lignes.

L’entrée à l’université ne m'a pas procuré de grand changement ayant déjà fait l’expérience l’année dernière à Lyon 1. Je trouve le campus plus petit mais plus sympathique. J’ai tout de même été interpellé par la différence des étudiants leurs manières de s’exprimer, leurs habille, leurs manières de s’exprimer… Je pense tout de même que cela est normal de remarquer ses différences la entre une université avec des portail de physique de mathématique etc. même si je sais que tout cela ne veut rien dire sur la personnalité des gens il y a une grande différence qui a attiré mon attention.

Mon entrée à l’Université Lumière Lyon 2 s’est déroulée de manière assez différente de mes attentes personnelles ainsi que de ce que j’envisageai pour un début d’études dans le supérieur. Ayant habité à l’étranger l’année dernière, je n’avais pas eu l’occasion de visiter le campus avant de faire mon inscription sur Parcoursup, et celui-ci m’a paru plus ancien que sur les photos mises en ligne, mais aussi bien plus grand. La rentrée fut assez décevante, car très vide de toutes formes d’activités sociales d’intégration permettant de faire connaissance des autres élèves, chose rendue encore plus difficile par le port des masques et la distanciation sociale. Je m’attendais aussi à avoir un emploi du temps bien plus chargé dès le début, mais n’ayant qu’un seul cours la deuxième semaine, j’en ai profité pour prendre le train et rentrer chez moi, ce qui fait que je n’ai pas encore réellement l’impression d’avoir commencé mes études. Néanmoins, le peu de cours que j’ai eu ont été très intéressants et confirment mon intérêt pour les sciences sociales. Les professeurs sont aussi bien plus chaleureux et engageants qu’au lycée.

Mes premiers pas à l’université Lyon 2 se sont faits durant la période d’intégration, plus précisément le lundi 7 septembre et jeudi 10 septembre. Ma première impression des bâtiments et du collectif de l’université s’est ouvert à moi le lundi, jour qui m’était attribué pour effectuer le TD sur le numérique et la visite guidée du campus. Premier grand changement (qui n’est peut-être pas attribué à tout le monde) c’est le temps et la distance entre mon domicile/lieu d’école. Étant dans un internat pour mon année de Terminale je vivais à même l’école et donc aucune pré-occupation de mon trajet. Désormais c’est lever à 5h15 quand je commence à 8h, 15 minutes de tram, 1h15 de train et à nouveau 37 minutes de tram. En plus des accommodations classiques sur la transition lycée/fac je dois porter un stress en plus pour m’y rendre. Et pour autant cette distance entre mon domicile et mon lieu d’étude ne me donne pas un droit en plus, comme par exemple celui d’être fatiguée ou de somnoler en cours ; je dois m’assurer de m’intégrer dans le collectif de l’université peu importe la contrainte derrière. 

Il y a les habituelles contraintes qui arrivent dans la vie de n’importe quel nouveau étudiant à la fac, comme faire à une autonomie imposée dans le suivi des cours et le travail fourni.

Mais la nouveauté à laquelle j’ai été confronté et qui a été quelque peu compliqué à affronter, était la liberté d’expression sur : les opinions politiques de chacun, les combats contre le racisme, le sexisme et l’homophobie. Venant d’un lycée privée catholique, les opinions sur ces sujets là étaient restreints au parti politique ambiant qui circulait dans l’administration de l’école. Les opinions sur ce sujet devait soit donc rejoindre le parti politique en question, soit, devaient être formulés d’une manière diplomate en choisissant bien ces mots. Et les sujets ethniques comme j’ai dit plus tôt, c’était presque à la limite du tabou. C’était un milieu social qui avait ses normes bien à lui et qui faisait en sorte de bien les faire assimiler. Ici, ça a été surprenant quand j’ai vu des associations afficher librement leur opinion politique, leurs avis sur divers sujets parfois tendus. De ce fait c’est presque devenu compliqué pour moi, venant d'un milieu social décrit comme plus tôt, de prendre part ou de prendre une place sur un opinion politique car je sais pertinemment que les valeurs que j’ai engendrées, ne correspondent peut-être pas à mon ethnie, mais celles que mon ancien milieu me faisaient assimiler. Cette énorme liberté d’expression, cette audace de tenir tête à des mouvements politiques largement ancrés dans la société, ça m’a fait sentir toute petite face à ces personnes qui même si elles ne sont pas des politicien.nnes, ont des valeurs et des principes qui leur sont propres ou du moins des valeurs qu’ils ont parfaitement assimilés mais pour qui, ils ont décidé de se battre.

Avant mon entrée à la fac j’étais très stressée car j’avais peur d’être complètement perdu, je n’étais allée à Lyon que très peu de fois et je quittais mes amis et ma famille. Pour moi, la fac était quelque chose de tout nouveau, j’étais habituée à mon lycée avec quelques bâtiments. Ici le campus est très grand, j’avais peur de ma perdre avec tous les amphis et les salles mais pour l’instant j’ai toujours réussit à trouver mon cour. (Je m’attendais qu’à la fac on avait moins de cour qu’au lycée et qu’on allait devoir travailler plus en autonomie mais je ne pensais pas à ce point.) J’étais contente de découvrir un nouveau lieu et une nouvelle ville où j’allais faire mes études et habitée. Les cours en amphi avec le masque change des cours du lycée et sont impressionnant au début mais deviennent rapidement intéressant. Prendre le tram et le métro pour aller en cour était aussi nouveau pour moi mais je m’y suis vite habituée car je prends tout le temps le même trajet. Je pense que prendre mon appartement dans une grande ville va me faire énormément gagner en autonomie parce que maintenant il faut que j’apprenne à tout faire toute seule. 

Un étrange sentiment de convivialité m’a gagné lors de mon arrivée à l’université malgré l’individualité s’y installant également. Les bâtiments, neufs pour la plupart, me font perdre mes repères. Je sens que je vais me perdre quelques fois !

Avant la rentrée, je vivais encore au sein du domicile familiale. Cette nouvelle année scolaire est pleine de nouveauté pour moi. L’autonomie ne me fait pas peur, ce qui m’effraie ce sont mes attentes. J’en attends beaucoup de ses années à la faculté et de moi-même. Tous les individus que j’ai pu côtoyer m’ont sans cesse répété à quel point les années facs sont les meilleurs. Seulement, j’en doute ; je doute de leurs propos, puisqu’à cause d’eux je crains que mes espérances soient devenues trop grandes.

Je suis plutôt anxieuse de nature, et le fait de me retrouver seule parmi des centaines d’étudiants ne me rassure pas, d’autant plus que la situation sanitaire actuelle ne facilite pas les contacts humains. Nous sommes tous insignifiants, ridiculement petit face au nombre d’étudiants présents sur le campus ; ma première fois dans l’amphithéâtre Condorcet avec l’entièreté de ma promo m’a fait prendre conscience du grain de poussière que nous sommes.

Néanmoins, des sentiments plus positifs m’ont gagné lorsque j’ai assisté à mes premiers cours. Là aussi, un certain anonymat est présent principalement dans les amphithéâtres. Toutefois, je me sens bien parce que je suis entourée d’individus, qui certes me sont inconnus mais avec qui je partage des intérêts communs pour les sciences sociales. La nouveauté effraie, mais ce sentiment d’appartenance est agréable.

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